Sunday, 30 March 2008

Maraîchage au Sahel

Bonjour à tous,
Je vous passe un petit « Djam walli » (« Bon matin » en Peuhl) de Dori ou je réside maintenant depuis trois semaines. Je découvre avec joie les plaisirs du soleil intense et du sable et je peux vous dire que c’est tout un défi!

Il y a quelques semaines, je suis parti en mission pour quelques jours dans la province de l’Oudalan, située dans l’extrême Nord du Burkina Faso. L’objectif de cette mission était d’évaluer l'impact de l'appui de Eau Vive aux activités de maraîchage dans quatre villages partenaires. J’aimerais vous faire partager les résultats de cette petite étude pour un de ces villages, nommé Dembam, situé dans la commune de Markoye.

Le site maraîcher de Dembam a été mis en place en 2006. Il s'étend sur un hectare où travaillent 41 productrices sur 260 planches. Cette année, les légumes produits ont été
(dans l'ordre) les choux, la pomme de terre, la salade, les carottes, les oignons, les tomates et le Gabo. Pour ceux qui aiment les chiffres et en particulier pour les gens de Chaucennes en France, j'ai réalisé une petite estimation de la valeur sur le marché local de la récolte de cette année. Cela monte à près de 6700 euros répartis comme le montre le tableau (cliquez dessus pour voir les chiffres). Même si tous les légumes ne seront pas vendus sur le marché local, ce montant est un indicateur appréciable. Selon les villageois avec qui j'ai pu parlé, cette apport leur a permis, et va leur permettre, de payer les frais liés à l'éducation, les médicaments lorsque besoin est, et d'améliorer considérablement leur nourriture quotidienne. Vous arez peut-être l’occasion d’entendre les villageois témoigner en vidéo et de voir le jardin si j’arrive à mettre cela en ligne dans les prochaines semaines.


















On peut donc dire que c’est un projet qui a eu un très bon impact sur mes amis les villageois africains. Bien entendu, la situation n'est pas toute rose non plus puisqu'il y a toujours un problème d'eau dans le village, en particulier au niveau des puits qui s'ensablent et pour la transformation et le séchage des denrées produites (ils ont été aussi formé pour cette activité et on reçu le système de séchage de la photo) qui en nécessite beaucoup. Il faut aussi mentionné que les autres villages que j’ai eu traversé n'ont pas tous eu le même succès (en particulier deux villages ou il n’y a eu aucune activité de maraîchage cette année).


Néanmoins, j’ai senti, en parlant avec les personnes travaillant sur le site maraîchers, l'espoir et l'énergie qu'avait donnée l’appui de mon organisation. C’est cette image qu’il nous faut garder en tête pour continuer à travailler fort. Pour ce qui est projets qui n’ont pas marché, nous ne devons pas les cacher mais plutôt montrer ce que nous en retirons (qui n’apprend pas par l’expérience?). Malheureusement, je constate que nous sommes dans une dynamique donateur - ONG, c’est-à-dire du haut vers le bas, qui ne le permet pas, et ceux qui en payent le prix sont les « clients ». Des clients qui ne peuvent pas se le permettre. L’heure est donc au changement. C’est la mission que se donne mon organisation et je compte y participer.

Sois le changement que tu veux voir.

Florian Villaumé


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Questions du jour : quel est le prix actuel des petits oignons sur votre marché local? :)


Wednesday, 27 February 2008

Les Volontaires en Developpement arrivent...

Hier nous avons eu le plaisir d’accueillir Catherine à Bobo. Elle s’occupe du programme de volontariats courts termes d’ISF. Au programme : séance de préparation des stages court terme de nos volontaires en développement. Ils arrivent en Mai et repartent en Août. Ils sont placés chacun séparément dans des structures d’accueil qui expriment leur intérêt pour un partenariat sur 4 mois. Ils seront disséminés à travers tout le Burkina.

Il s’agissait hier de discuter des opportunités, et de voir comment chacune de nos idées pouvait répondre aux attentes d’ISF de la part d’un stage court terme. Impact, contribution aux partenaires et à la stratégie de secteur d’un coté, apprentissage et développement personnel d’un autre. C’était très motivant d’entendre le niveau d’intérêt et de mobilisation dans l’équipe entière. Le travail de Cat est impressionnant de structuration – les volontaires vont vraiment avoir une expérience qui leur permettra de développer leur esprit critique par rapport au développement, et de contribuer au travail d’une organisation locale.

De notre coté, on est très impatients de recevoir les volontaires. Ca nous permettra de nous rafraîchir l’esprit par rapport a notre placement, à notre engagement dans l’apprentissage continu. C’est aussi une bonne occasion d’accomplir plus dans notre travail qu’il n’est possible de faire seul !

Alanna et moi avons crée deux petites vidéos pour leur dire bonjour…

video video

A bientôt volontaires !!!

Boris

Tuesday, 19 February 2008

Le maraîchage au coeur du développement!

texte de simon


Des semences, de la bonne terre, un arrosage quotidien… Que faut-il de plus pour faire pousser des légumes?

C’est ce que je croyais, il y a six mois, quand je suis arrivé au sein de la cellule agro économique de mon ONG (Organisation Non Gouvernementale) partenaire. La cellule suit plus de 400 producteurs dans leurs productions maraîchères et céréalières à travers le conseil de gestion à l’exploitation agricole. Ce conseil est une aide à la décision, un outil d’analyse de la rentabilité économique par le producteur lui-même. Il est donc amené à prendre des décisions plus éclairées en vue d’améliorer la situation de son exploitation. Sept conseillers accompagnent donc chaque producteur pour que ceux-ci comprennent mieux les dépenses, les revenus et les aspects techniques de leur production.

J’ai pu comprendre rapidement que le maraîchage requiert plus qu’un coup de pelle! Des moyens pour investir, un savoir et beaucoup de travail sont nécessaires! D’abord, il faut avoir accès à un point d’eau, ce qui est plutôt rare ici dans la partie nord du Burkina. Certains ont un ou deux puits, d’autre un bassin d’eau alors que quelques groupes ont bénéficié de projets d’envergure permettant la construction de barrage retenant l’eau de pluie. Par la suite, des années sont nécessaires avant que se construise le savoir nécessaire à la culture de plants de qualité à bons rendements. Les maraîchers doivent trouver l’apport en eau et la quantité d’engrais optimale par rapport au type de sol de leur région. Ils doivent trouver des semences de qualité, permettant une bonne levée des plants. Ils doivent maîtriser la confection des pépinières et les traitements en cas de maladies. Ils doivent toute l’année faire le compost nécessaire à l’engrais organique. Seulement les mieux organisés peuvent irriguer avec une pompe, la plupart devant y aller arrosoirs par arrosoirs, sur plus de 500m2! Le nord du Burkina Faso produit beaucoup de pommes de terre et d’oignon. On y trouve également du chou, de la tomate, de l’aubergine, de la carotte, de l’ail, du piment.

Et ça c’est seulement la production! La réussite ou l’échec d’une saison maraîchère s’observe davantage à la vente. Il faut trouver un acheteur pour ses produits, l’éloignement des grands axes routiers rendant souvent l’opération très compliquée. Imaginez-vous en avril : il fait 45 degré celsius, pas d’électricité pour réfrigérer, à plus de 25 kilomètres d’une route de terre praticable pour les gros camions et vous avez 100kg de tomates à vendre. Que faites-vous? De plus, les besoins en argent pressant des producteurs rendent de plus l’organisation en groupe difficile, chacun essayant de vendre le plus rapidement possible. Si tout se passe bien, le maraîcher moyen pourra sortir de ce trois mois de travail avec 200$ en poche. Il pourra, si les puits ou les réservoirs n’ont pas taris, répété à nouveau l’exercice.

Le jeu en vaut par contre la chandelle. Les revenus générés permettent à la famille d’envoyer les enfants à l’école, de payer les frais de santé, les habits et même d’ouvrir un compte dans une caisse d’épargne et de crédit. Ils permettent aux hommes de rester au village au lieu d’aller « chasser » l’or ou le travail en ville. Les femmes peuvent aussi pratiquer cette activité génératrice de revenu, lui permettant de participer aux dépenses de la famille et ainsi augmenter son statut. Le regroupement de producteurs autour d’un site permet aussi d’augmenter la cohésion sociale et le partage des connaissances. Dans le cas du Conseil de Gestion que nous faisons, les producteurs viennent également à occuper des postes de leaders dans leur communauté, étant donné qu’ils ont acquis des compétences de gestionnaires sur leur exploitation. Ils peuvent ainsi devenir trésorier d’un groupement, président d’une association de jeunes, responsable des recouvrements de crédit et autres. Écoutons deux producteurs qui témoignent de l’impact qu’a eu le maraîchage et le Conseil de Gestion dans leur vie :

« Le Conseil de Gestion a résolu tous mes problèmes. Avant de me lancer dans une activité, j’évalue à l’avance ce qu’elle me rapportera, si bien qu’aujourd’hui je constate que mon budget a augmenté et je m’occupe bien de l’alimentation de ma famille. J’ai pu scolariser deux enfants car j’ai compris l’importance de l’école. Toute ma famille se porte bien. J’ai pu acheter une charrette ».

Pour un autre, l’impact est différent : « Avant mon adhésion (au Conseil de Gestion) je gérais mal mon grenier si bien que souvent la famine frappait ma famille. Maintenant nous mangeons très bien toute l’année. Et avec l’argent que je gagne en plus, j’arrive à scolariser mes enfants et à assurer la santé de la famille qui depuis tombe de moins en moins malade. J’ai pu me marier à une nouvelle femme ».

L’activité du maraîchage est donc une activité qui se développement au Burkina, malgré ses difficultés. La maîtrise de l’eau, le manque d’équipement, les maladies des plants et surtout le développement des marchés pour la vente sont des contraintes que la société et les différents projets de développement essaient de soulever, avec l’aide des producteurs et leurs groupements.

Friday, 7 December 2007

Une histoire de prix...

En discutant avec des vendeurs de rue à Bobo je me suis rendu compte que certaines de mes idées étaient fausses quant a l’aptitude des gens à faire leur planning financier : Les vendeurs qui portent des plateaux sur leurs têtes, ou tirent des charrettes pleines d’objets divers savent très bien quel est leur profit sur la marchandise écoulée.

Mon objectif, à travers des conversations informelles, était donc de faire le cheminement d’une analyse économique de l’activité de commerce des personnes interviewées. Mon préjugé : les commerçants ne savent pas de combien est leur profit, ils ne calculent pas leurs coûts et donc pourraient très bien conduire un affaire non rentable et s’appauvrir par manque de connaissance, d’éducation ou d’aptitudes.

J’abordais donc dans mes premiers essais de conversation la question de façon assez directive, demandant par exemple combien coûte un sachet de jus de gingembre à la fabrication, en essayant de le comparer au prix de revente. Comme ça ne marchait pas je demandais quel est le prix du sachet, la quantité de gingembre dans un sachet, et le prix du gingembre au kilo. Comme ça ne marchait pas, il a fallut que je réfléchisse un peu à ma façon de poser des questions. Ce que je n’ai pas fait.

C’est une vendeuse de jus qui m’a sauvé. Elle a compris ce que je cherchait a faire : comprendre combien on gagne à vendre du bissap, ou du gingembre en sachets.

Elle m’a expliqué que les sachets viennent par 50, que le prix du gingembre varie, mais que sur une bassine de jus (~200 sacs de ~15cl), elle investit 8000FCFA et gagne entre 10000 et 10500FCFA, donc un profit de 2000 a 2500FCFA. Elle met une journée à écouler une bassine les jours où il fait chaud. Nous n’avons pas parlé des coûts de réfrigération, mais le kWh coûte 86FCFA. Toujours est il qu’elle savait très bien quel était sa marge de bénéfice, et elle savait la calculer.

Mes questions étaient simplement toutes impossibles à répondre parce que mes quantités de références n’étaient pas celles que les gens utilisent. Allez diviser de tête, le prix (8000) par le nombre de sacs (200) ça va encore, ou le prix du gingembre par le nombre de sacs, là ça devient plus difficile. Surtout quand le prix varie.

Un autre vendeur, qui faisait des petits deals, a aussi compris le but de mon enquête, et le fond de ma pensée. Il m’a fait une remarque surprenante mais tellement évidente : « Si tu veux acheter quelque chose a bon prix, fais le très tôt, ou très tard. Très tôt, le vendeur voudra lancer sa journée. Si tu es le premier client, il préférera commencer sur un succès, et te donnera un bon prix pour que tu ne t’éloignes pas sans avoir acheté. Très tard, si le vendeur n’a pas vendu assez pour se payer le repas du soir, il ne va pas manger les habits qu’il essaye de vendre. Il te vendra a perte pour pouvoir manger, en espérant que le lendemain pourra combler le déficit.

Et alors ?

Quand on analyse une filière ou les activités d’une personne, ou qu’elle soit, je pense qu’il faut faire attention de ne pas prendre ses préjugés (sur le manque d’éducation, l’incapacité de faire des calculs financiers etc.) comme seules raisons possibles d’une situation précaire. Peut être que d’autres nécessités (physiques, capital social…) sont aussi en jeu. Au jour le jour, c’est peu être plus facile de continuer son activité (ou très difficile de faire autrement), même si au final, il y a un risque qu’elle ne soit pas rentable.

Tuesday, 4 December 2007

La fin d’un chapitre … mais, pas de l’histoire!

Bonjour mes très chers amis!

Il paraît que l’hiver vous fait la vie difficile depuis quelques semaines déjà! Ce sera donc un très beau Noël blanc cette année!

Je dois dire que je suis un peu dépaysée en ce moment : vous imaginez, on est le 4 Décembre, et il fait environ 40 degrés Celsius à l’ombre, les vents secs venus du désert sont de plus en plus forts, et je mange des melons d’eau à en faire une « overdose »! Hahaha!

Alors, je vous écris, cette fois-ci, pour vous annoncer une nouvelle!

En effet, j’ai appris la semaine dernière que j’allais, dès Janvier 2008, occuper le poste de JFSS (Junior Fellows Support Staff = Coordonnatrice des Volontaires Court Terme d’Ingénieurs Sans Frontières) pour l’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso & Ghana)! YOUPPI!

Laissez-moi vous dire que je suis extrêmement contente d’avoir la chance de combler ce poste pour l’année prochaine! En somme, mes responsabilités seront : 1. Former les JFs (Junior Fellows = Volontaires Court Terme) d’ISF, 2. Trouver les partenaires ouest-africains où travailleront les JFs, et, 3. Assurer et coordonner le « coaching » des JFs au Ghana et au Burkina Faso.

C’est beaucoup de responsabilités pour une petite fille comme moi! Et, je sens déjà le stress monter en moi. (Ceux qui me connaissent bien n’en seront pas surpris!) Mais, je suis prête à relever le défi qu’ISF m’a présenté! Ce sera une année extraordinaire pour moi, remplie d’apprentissages, de difficultés, et de succès. Et, je tenterai d’offrir ces mêmes opportunités aux JFs.

J’ai hâte de plonger …

Mais, ceci étant dit, ce changement m’amène à terminer mon placement trois mois plus tôt. En fait, je termine le 19 décembre.

Depuis que je sais la nouvelle, et que ce fut annoncé à mon superviseur ici, les choses ne font que se bousculer. Mais, j’imagine que ça fait partie de la « game »!

Alors, jusqu’à la fin de mon placement, je tente de terminer tous les dossiers que j’avais entrepris avec la Responsable des Activités Génératrices de Revenus de mon bureau. Ce n’est pas très facile, mais je vais réussir!

Aussi, je vais devoir trouver le temps de dire Aurevoir à mes amis et mes collègues, ici! Je sens que, ça aussi, ce ne sera pas une partie facile!

Je dois avouer que je vis beaucoup d’émotions contradictoires en ce moment. La joie et la peine se font un combat de boxe en dedans de moi depuis quelques jours.

Il est difficile pour moi d’imaginer que je vais quitter Fada N’Gourma le 19 décembre, et n’y habiterai plus jamais! Je dois vivre ce deuil un peu plus tôt que prévu.

Aussi, je dois annoncer à mes différents « Learning Partnerships », soient les Sections de Sherbrooke, de Concordia, et du Manitoba d’Ingénieurs Sans Frontières, que je dois, également, mettre fin à notre partenariat! Effectivement, mes nouvelles responsabilités ne me permettront pas de continuer les activités que nous avions entreprises ensemble au cours de l’année. Pour ce, j’en suis sincèrement désolée! Ce fut un IMMENSE plaisir de communiquer avec vous durant mon placement.

Je dois prendre le temps de vous remercier pour des partenariats extraordinaires. Vous avez tous su me supporter et m’encourager, comme jamais je ne l’aurais imaginé … vous êtes de très bons psychologues! Nos discussions, nos débats m’ont beaucoup apporté. Je suis extrêmement triste de devoir terminer mes engagements avec vous plus tôt que prévu! J’en ai le cœur brisé! Vos encouragements vont me manquer. J’ai tant aimé vous partager mes apprentissages, et recevoir vos réactions. Quel bonheur! … MERCI POUR LA TRÈS BELLE ANNÉE EN VOTRE COMPAGNIE! J’espère que vous saurez poursuivre vos apprentissages sur le développement et ses succès & ses défis, et que vous saurez offrir la même opportunité, que vous m’avez offerte, à un autre volontaire qui aura besoin de votre support! MERCI MERCI MERCI!

… Cependant, question de terminer notre partenariat comme il se doit, je dois vous annoncer que je serai à la Conférence Nationale d’Ingénieurs Sans Frontières, en Janvier, et que je m’offre pour une rencontre (ou souper!) avec mes trois Sections préférées! Alors, à vous de voir mes amis!

De plus, je tiens à offrir toutes mes félicitations à tous les membres d’ISF qui vont graduer dans quelques semaines! Bravo pour tous vos efforts et vos succès dans vos études et dans votre Section. Je pense particulièrement à Julie, François, et Jean-François de la Section de Sherbrooke (il y en a d’autres?). Je vous souhaite un avenir rempli de défis et de bonheur!

Aussi, un petit mot tout spécial à mes amis, et ma famille qui ont su, eux-aussi, me supporter et m’encourager même s’ils trouvaient que leur petite Cat était trop loin à leur goût! Sachez que je suis heureuse, et que je fais ce que j’aime! Merci pour la très belle année d’encouragements!

Alors, malgré que ce message soit le dernier que j’afficherai en ligne, sachez que jamais je ne refuserai de répondre à un email et à un coup de téléphone de quiconque d’entres vous! Vous êtes tous mes amis, et j’espère pouvoir garder intact nos relations malgré ces changements! … Sans compter que je vous réinvite tous à visiter le blog de l’équipe ISF au Burkina Faso : equipebf.blogspot.com

D’ici la Conférence Nationale d’ISF, je termine mon placement (physiquement et psychologiquement … j’espère), je prends une semaine de congé au Burkina et une autre au Maroc avec mes parents et mon frère, et je rentre à Toronto vers le 10 Janvier pour me préparer à mes nouvelles responsabilités!

…Avec ces quelques derniers mots, en pleurant évidemment, je vous souhaite à tous un très Joyeux Temps des Fêtes, un très bon début d’année 2008, et encore, je vous dis un très gros merci pour tout!

Je vous laisse avec des photos et des vidéos :
http://pictures.ewb.ca/v/chapters/qcchapters/usherbrooke/?g2_page=2
http://www.youtube.com/watch?v=6ePeJIJHNVc
http://www.youtube.com/watch?v=cTHNLUA0ZJo
http://www.youtube.com/watch?v=vzug6wlRzAA

Au plaisir de se revoir!

Je vous embrasse, … Sniff Sniff!

Cat xox

Saturday, 17 November 2007

Une histoire de choux, pour faire réfléchir...

Par Simon Michaud

Voici une anecdote s'étant réellement produite illustrant les subtilité du développement. Vous ne verrez plus jamais un choux de la même façon!


Un formateur français vient donner une formation à des conseillers agricoles. Le travail des conseillers est de suivre les producteurs sur leur exploitations maraîchères. Le thème de la formation : Amélioration des techniques culturales et prévention des maladies. Afin de se préparer adéquatement, il arrive une semaine avant la formation afin de mieux comprendre la situation réelle sur le terrain. Il visite des périmètres maraîchers, regarde les pratiques des producteurs.

Il fait l’observation suivante chez un producteur cultivant le choux : Le producteur plante beaucoup trop dense. Ainsi, le producteur obtient seulement des petits choux ne permettant pas de maximiser son rendement. Le formateur, curieux, essaie de mieux comprendre pourquoi une telle pratique. Avec l’aide d’un conseiller, il arrive à une explication. Sur le marché, les gens ne sont pas prêt à payer plus cher pour de plus gros choux. Les gens sont habitués à une certaine grosseur de choux, alors le producteur a intérêt à produire plus de choux, mais plus petit, même si cela revient à diminuer son rendement total.

Alors quoi?
Un conseil technique n’est toujours un conseil pratique! Plusieurs facteurs peuvent influencer les choix d’un producteur sur son exploitation. Chez nous, le choux est vendu au kilo, alors c’est simple, plus on produit, plus on gagne. Ne connaissant pas la situation du marché dans ce cas-ci, il est difficile de comprendre les facteurs influençant sur les décisions d’un producteur.

Commentaires?

Tu veux en savoir plus sur la formation pré-départ d'ISF?

Par Simon Michaud

Qu’est-ce que la fameuse formation pré-départ d’Ingénieurs sans frontières. Qu’est-ce qu’on apprend dans ce mois nous permettant de vivre l’Afrique pendant un an ? Tu es curieux de nature ? Tu es un membre d’une section ISF voulant partir outre-mer ? Tu veux savoir le parcours d’un volontaire long-terme francophone ? Cette entrée est pour toi !

Je voudrais tout d’abord vous suggérer une activité afin de mettre carte sur table les préconceptions que vous pourriez avoir. Comment vous sentez-vous quand je dis : « formation pré-départ » ? Voici quelques suggestions :


Vous avez choisi « BORED » (ennuyé) ? C’est peut-être à cause que vous n’avez pas de lien avec ISF. Peut-être aussi mon style d’écriture vous ennuie ou vous n’aimez tout simplement pas cette exercice qui se veut participatif.

Vous avez choisi « SUSPICIOUS » (suspicieux) ? Vous vous dites peut-être qu’un mois de formation c’est trop car vous avez la conviction qu’un jeune diplomé en ingénierie peut régler tous les problèmes techniques que connaît l’Afrique (j’en doute).

Vous avez choisi « WORRY » (inquiet) ? Vous avez peut-être entendu parlé des longues soirées, pendant la formation, passées à faire des devoirs.

Vous avez choisi « SHY » (gêné) ? Vous croyez à tort que vos connaissances sur le développement sont limitées et qu’un placement long terme n’est pas pour vous.

Chacun des huit autres volontaires ont leur propre perception de la formation. Je vais vous partager la mienne.

Un des objectifs de la formation est de susciter l’esprit critique des volontaires en ce qui concerne le développement, la pauvreté et sa complexité. On veut également nous montrer par des études de cas des outils pratiques nécessaires à notre travail. À la fin de la formation, les volontaires sont également plus en mesure d’évaluer leurs forces et leurs faiblesses et comment celles-ci pourront affecter leur expérience outre-mer. C’est finalement un moyen de créer un lien et un esprit de communauté entre les volontaires eux-mêmes et les employés d’Ingénieurs sans frontières afin que tout le monde comprenne que nous faisons partie d’un mouvement plus large que nous le croyions.

L’expérience est donc constitué de formation en groupe, de sessions animées d’une habileté hors-pair par le maître Levi Goertz et de travaux en équipe visant le partage le connaissance. La diversité d’expérience des volontaires est incroyable. Certains ont plus de quatre ans d’expérience sur le marché du travail, d’autres ont une bonne expérience outre-mer, alors que d’autres comme moi ont fait leur chemin à travers les sections étudiantes.

Des devoirs, il en y en a, des moments plus difficiles, il y en a aussi. Mais lorsqu’on prend conscience que les gens d’ISF ont confiance en nous et que leur rôle est de nous supporter dans notre apprentissage, on trouve la force nécessaire de s’auto-critiquer et de s’améliorer jours après jours. Personnellement, j’ai remarqué par exemple que j’avais l’habileté de bien comprendre la dynamique de groupe et le rôle que chacun joue. D’autres ont découvert leur capacité de « coacher » les autres alors que certains ont découvert leur habileté à décortiquer un projet de développement dans les détails.

Finalement, tous les volontaires ont la chance de vivre ensemble dans une magnifique demeure de trois étages. Les dîners communautaires, les chambres à coucher transformées en dortoir et les files pour la douche matinale sont tous des occasions uniques nous permettant de mieux de connaître.

Personnellement, la question que moi j’avais en tête il y a de cela un an c’était : « Mais qu’est-ce qu’il faut que je fasse maintenant pour être sélectionné comme volontaire long-terme ? » N’ayant pas encore trouvé une réponse parfaite pouvant vous satisfaire, je peux toujours vous donner mon opinion. D’abord, il est important d’identifier les raisons qui te poussent à vouloir appliquer. Que veux-tu retirer de cette expérience et qu’est-ce que tu es prêt à sacrifier aussi? Ensuite, je crois qu’il est important de découvrir son niveau d’incompétence et de le partager le plus ouvertement possible au gens qui seront prêt à t’aider afin que tu t’améliorer. En d’autres mots, quelles sont les connaissances, habiletés et attitudes qu’il te manque pour devenir un bon volontaire ISF et que peux-tu faire pour t’améliorer ?

À la veille de mon départ, je suis surpris et heureux de voir que chaque volontaire est unique. Chacun est donc responsable de son niveau d’apprentissage et ce qu’il veut apporter au groupe. Nous avions par contre tous en commun la passion du développement en plus du désir d’apprendre et de s’améliorer tant au niveau personnel que professionnel.

C’est à peu près ça, la formation pré-départ. Des questions?